Démission officielle de Gbadamassi du G13 : Une décision qui apaise le climat politique. misquols avril 27, 2009

Démission officielle de Gbadamassi du G13 : Une décision qui apaise le climat politique.

«Quand deux éléphants se battent, ce sont les herbes qui en pâtissent. » C’est par cette phrase pleine de sagesses, de bon sens et de logique que le député Rachidi Gbadamassi a conditionné les Parakois qui étaient à sa conférence de presse avant d’abattre le joker qu’il avait dans sa gibecière. « Je suis pour une opposition constructive. Mais pas une opposition pour l’opposition.»

Et il veut désormais s’investir pour un heureux dénouement de la crise au parlement. Il a laissé entendre qu’il faut faire une opposition constructive pour ne pas faire basculer le pays dans la violence. « Le pays doit se construire dans la paix avec le concours de toutes les forces politiques», a-t-il assuré.

Si c’est au nom de la paix, vecteur directeur du développement économique, social et culturel de tous les pays que l’honorable Gbadamassi se résoud à enterrer la hache de guerre entre son groupe parlementaire et les FCBE, et entre lui et l’exécutif, alors c’est une décision salutaire. Il mérite qu’on lui tire un coup de chapeau. Déjà avec ses prises de position radicales, il a en effet réussi à faire bloquer le vote important d’un texte de loi, et occasionner le report sine die d’une session importante à l’hémicycle. Avec tout ce que cette radicalisation de position pouvait entraîner en dépenses et en retard, voire en perte de crédibilité pour le Bénin sur l’échiquier international, indéniablement, c’est une décision qui est, non seulement, courageuse et salutaire, mais aussi empreinte de bon sens, de logique, de la responsabilité et de patriotisme.

Si cette clairvoyance et cette lucidité à court, moyen et long terme avait habité les Congolais, les Malgaches, les Soudanais et les Ivoiriens, ils ne seraient pas là aujourd’hui en train de compter et de pleurer des milliers de leurs frères et soeurs qui ont connu une mort gratuite. L’égoïsme et l’égocentrisme aidant, ils tirent toujours sur la ficelle, cherchent à envenimer davantage les conflits larvés pour ne gouverner peut-être demain que les cimetières. Alors à quoi bon ne pas marquer du recul, pour mesurer l’ampleur de l’acte qu’on veut poser dans tous ses contours, chercher à privilégier d’abord l’intérêt général. C’est sous cet angle que l’historique décision de l’honorable Gbadamassi doit être perçue. Le « moi », qu’est-ce que c’est sans mon pays par rapport auquel j’ai une identité ?

Même dans sa tombe, que le Cardinal Bernardin Gantin ne cesse d’intercéder auprès de Dieu en faveur du Bénin, afin d’inspirer des caïds du genre de Rachidi Gbadamassi dans le bon sens, pour épargner à notre pays l’hécatombe, pour ne pas dire l’apocalypse qui n’est pas seulement l’apanage des autres. Les divergences naissent quand chaque partie en cause se cramponne à sa position, et cherche à tirer le drap de son côté au point où il se déchire. On sait quand ça commence, mais on ne sait pas quand ça finit, et la cicatrice est toujours indélébile.
Ce qui ne veut pas dire que l’unanimisme et le monopolisme politique puéril, stérile et stérilisant soient de mise à l’Assemblée, bien au contraire. Mais que tout se passe dans un climat d’expression de droit à la différence, dans un débat d’idées, où le choc des idées nous fera entrevoir des issues heureuses afin de vivre en paix sous le poids de la réalité. Et cette réalité est la mère patrie dont la construction nous interpelle tous, car chacun doit apporter sa pierre à l’édifice, et que ça soit une « opposition constructive » comme l’a souhaité l’honorable Rachidi Gbadamassi afin que règne dans notre pays ce climat de paix, envié par tous les autres pays africains, pour le bonheur la prospérité et la postérité.

Benjamin LISSAVI

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